Lettre d'opinion de Dave Turcotte sur une enquête publique sur le monde de la construction
Monsieur le directeur,
Les Québécois sont indignés, sont scandalisés. Ils ne comprennent pas que leur gouvernement ne veuille pas aller au fond des choses. Tous les jours, les médias rapportent des éléments qui nous font croire que nous sommes devant un véritable système de collusion qui fait en sorte que quelques entrepreneurs obtiennent la majorité des contrats et ainsi se mettent de l'argent dans leurs poches, de l'argent public qui devrait être investi dans nos infrastructures.
Les Québécois sont indignés, sont scandalisés. Ils ne comprennent pas que leur gouvernement ne veuille pas aller au fond des choses. Tous les jours, les médias rapportent des éléments qui nous font croire que nous sommes devant un véritable système de collusion qui fait en sorte que quelques entrepreneurs obtiennent la majorité des contrats et ainsi se mettent de l'argent dans leurs poches, de l'argent public qui devrait être investi dans nos infrastructures.
Le jeudi 29 octobre dernier, le Parti Québécois a réitéré sa volonté de faire la lumière sur toute cette affaire en déposant la motion de censure suivante : «Que l'Assemblée nationale du Québec retire sa confiance au gouvernement libéral pour son refus d'ordonner une enquête publique et indépendante sur l'ensemble des allégations qui ont secoué l'industrie de la construction au cours des derniers mois.»
Alors que la majorité de la population aimerait savoir pourquoi les Québécois doivent payer, par leurs taxes et impôts, pour des travaux qui coûtent 30% plus chers qu’ailleurs, pourquoi les routes du Québec sont plus chères à construire ici et pourquoi un système organisé de collusion entre les entrepreneurs en construction s’est apparemment installé dans le secteur municipal, le gouvernement s’obstine et refuse systématiquement de déclencher une telle enquête publique.
Lorsque l’on sait qu’une enquête policière ne permettra pas de faire tout l’éclairage sur ces scandales qui se succèdent, on imagine mal comment un gouvernement peut garder la confiance de la population en refusant de lever le voile sur le copinage entre les entrepreneurs, les élus municipaux et les firmes de génie.
Dans un geste de dernier recours, le Parti Québécois a tenté de faire comprendre au gouvernement qu’il se doit de représenter la majorité de la population, et cette majorité réclame une enquête publique. En effet, le Parti Québécois obtient l’appui dans sa démarche de l’Action démocratique du Québec, de la Fédération québécoise des municipalités, de l’Ordre des ingénieurs du Québec, des candidats à la mairie de Montréal, de John Gomery, ex-juge, de Antonio Nicaso, expert international de la mafia, des éditorialistes et chroniqueurs des journaux nationaux dont André Pratte de La Presse, de Jacques Duchesneau, ex-chef de police du SPVM mais surtout de 81% de la population québécoise selon le plus récent sondage.
Il y a un tel désabusement envers la classe politique aujourd’hui, il est maintenant temps que Jean Charest prenne les choses en main et cesse de s’entêter à dire non à ce que réclame la majorité de la population. Ce n’est pas parce que le gouvernement ne veut rien voir, rien entendre et rien dire sur le sujet que le Parti Québécois laissera sous silence ces apparences de scandales, maintenant l’élection municipale passée.
Car en refusant l’enquête publique, le Parti libéral devient complice de la collusion des bandits à cravate qui gangrènent le secteur de la construction. En ne faisant rien pour briser l’omerta qui règne dans ce secteur sous tension, ils l’encouragent. C’est ça la réalité.
Dave Turcotte
Député de Saint-Jean à l’Assemblée nationale du Québec
P.S. Faites savoir votre opinion à Jean Charest en téléphonant au 514 873-3411 ou en écrivant à commentairespm@mce.gouv.qc.ca



