Pour entreprendre la relève du Québec
Dans les derniers mois, j’ai parcouru le Québec, accompagné de nombreux députés du Parti Québécois, à la rencontre d’une soixantaine d’organisations, intervenants et jeunes entrepreneurs. De cette tournée, on retient que nous devons stimuler la culture entrepreneuriale et accompagner davantage notre relève notamment par le mentorat si nous voulons faire face aux défis de demain.
En juin dernier, une étude du ministère du Développement économique, de l’Innovation et de l’Exportation rapportait que le renouvellement de l’entrepreneuriat au Québec constituait un enjeu majeur dans les prochaines années. Les auteurs de l’étude évaluent que d’ici 2013, 5 000 entrepreneurs (soit 13,3% des propriétaires d’entreprises) se retireront. Conséquence du vieillissement de la population. Quand on sait que 70 % des entreprises ne survivent pas au départ de leur fondateur et que les petites et moyennes entreprises (PME) forment 80% du portrait de notre économie, c’est encore plus inquiétant !
Les comparaisons internationales montrent que le Québec accuse un retard en matière d’entrepreneuriat. Seulement 13,6 % des Québécois auraient l’intention de lancer une entreprise. Toutes proportions gardées, le Réseau M soutient que le Québec compterait même deux fois moins de propriétaires d’entreprises que le reste du Canada. Face à un tel constat, le gouvernement doit donner le goût à nos jeunes de se lancer en affaires. Pour ce faire, il s’agit notamment d’encourager les initiations à la culture entrepreneuriale à l’école. Dans ma circonscription, des jeunes de niveau primaire et secondaire ont d’ailleurs récolté un prix au Concours québécois en entrepreneuriat après avoir réalisé un projet de modernisation de la cour d’école. Même à petite échelle, ces petites gouttes dans l’océan permettent à nos jeunes de démystifier l’entrepreneuriat et, qui sait, leur donner le goût de s’y investir.
Heureusement, plusieurs ressources ont été créées pour supporter la relève entrepreneuriale (les Centres de transfert d’entreprises, la Fondation entrepreneurship et les Services d’aide aux jeunes entrepreneurs, pour ne nommer que celles-là). Leur mission consiste à offrir de l’assistance dans les processus de démarrage ou de transfert d’entreprise, en considérant que les cinq premières années sont les plus importantes pour la survie d’une entreprise.
À quand l’adoption d’une politique entrepreneuriale québécoise? Selon vous, à quoi pourrait-on s’attendre d’une politique de l’entrepreneuriat du gouvernement du Québec ? Actuellement, on constate que le gouvernement du Québec accuse un manque de leadership face à la relève, les statistiques en font preuve. Au cours des prochains mois, je continuerai à sillonner les routes du Québec pour élaborer des pistes de solutions avec de nouveaux intervenants sur le dossier. La démarche vers le congrès du Parti Québécois, en avril 2011, sera aussi l’occasion de débattre du chapitre 4.4 de notre proposition principale qui présente déjà quelques éléments importants en matière de relève entrepreneuriale et de mentorat.
D’ici là, n’hésitez pas à me formuler vos commentaires et suggestions!
Texte paru sur le blogue du Parti Québécois


